Black Coal{Bai ri yan huo}
Réalisation
Acteurs
avec Fan Liao, Lun Mei Gwei, Jingchun Wang, Ailei Yu, Xuebing Wang, Jing-Yang NiPitch
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Acteurs :
- : Zhang Zili
- : Wu Zhizhen, l'employée de la teinturerie
- : Rong Rong, le patron de la teinturerie
- : l'inspecteur Wang
- : Liang Zhijun
- : Su Lijuan
Equipe du film :
- : Yi'nan Diao
- : Yi'nan Diao
- : Jinsong Dong
- : Qiang Liu
- : Hongyu Yang
- : Yang Zhang
- : Zi Wen
- : Juan Wan
- : Vivian Qu
- : Dajun Zhang
- : Yang Shen
- : China Film Group Corporation
- : BEC - Boneyard Entertainment China
- : Jiangsu Omnijoi Movie Company
- : Omnijoi Media Corporation
- : Memento Films
Date de sortie :
- 29/10/14
Informations techniques :
- Couleur
- Long metrage
- Chinois
Bandes annonces et photos
Bandes annonces
Thèmes
Ils en parlent
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Le Monde
" Le réalisateur poursuit avec Black Coal un art qui mêle à merveille histoire personnelle et destin collectif, fable et chronique sociale. (...) il raconte finalement l'histoire d'un crime qui en cache un autre. Une atmosphère et un sujet légitimes pour un film qui en cache un autre."
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Fiches du cinéma
" Un impressionnant film noir dont la beauté, proportionnelle à la noirceur, devrait (pour reposer sur d'inventives idées de mise en scène) enthousiasmer le public."
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Première
" Pour son troisième long métrage, Diao Yinan s’appuie sur les codes du film noir pour porter sur la Chine contemporaine un regard très personnel, bien que moins âpre que celui de son compatriote Jia Zhang-ke avec A Touch of Sin. Comme dans les meilleurs modèles du genre, le héros est un semi-raté qui cherche dans son enquête à se sauver lui-même ainsi que ceux, peut-être, qu’il estime, notamment la principale suspecte de l’affaire, une classique femme fatale avec une touche de modernité. Splendidement incarnée par l’actrice Gwei Lun Mei, elle contribue pour beaucoup à la réussite du film en y apportant la part de mystère et d’invraisemblance qui fait dire, comme dans Le Grand Sommeil, qu’il n’est pas essentiel d’avoir tout compris pour apprécier."
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Télérama
" Des crimes, un détective, une femme dont on ne sait trop si elle est fatale ou victime de la fatalité : on est en terrain connu, en pleine intrigue touffue comme aimait en résoudre le Philip Marlowe de Raymond Chandler. Diao Yinan assume ses modèles américains (Howard Hawks, bien sûr, et son Grand Sommeil, mais aussi Carol Reed et la grande roue du Troisième Homme...) et les égale par son élégance : toutes les scènes dans la patinoire sont traitées avec un sens extraordinaire du suspense. Et donc de la durée. C'est l'originalité de cet envoûtant polar : son rythme étrange, presque alangui par moments. L'inquiétude sourd de chaque silence, de chaque regard. Et l'on a presque la sensation que le réalisateur nous demande de devenir des spectateurs actifs : à nous de combler les vides et les ellipses ; à nous de deviner, en fait, tout ce qu'il n'a voulu — ou pu — que suggérer.
Le film noir a toujours été une source de liberté pour les créateurs, même à Hollywood où les studios n'aimaient pas dévoiler les turpitudes des moeurs américaines. Diao Yinan s'en saisit pour révéler, en dépit de la censure, un pays glacé et sombre, artificiellement éclairé par des néons sinistres, où des buveurs nocturnes, tombés de leur moto, s'endorment au bord des routes, ivres d'alcool et de chagrin ; où les femmes, vu la façon dont on les traite, n'ont d'autre issue que de devenir ce que les hommes veulent qu'elles soient. Mais un pays en pleine mutation aussi : même dans la lointaine province où se déroule l'action, le réalisateur saisit l'éclosion de petits capitalistes sur le point de devenir grands. Et avec eux, le règne naissant d'un business florissant. Hormis les passions meurtrières qui, elles, sont éternelles, tout change en Chine, en ce début de siècle, et l'ex-flic Zhang y semble aussi paumé que ses confrères occidentaux autrefois, devant l'apparition puis le triomphe de la société de consommation...
Zhang se sent d'autant plus impuissant que partout une violence cachée règne. Dans les ruelles glauques, un assassin se sert d'un patin à glace pour accomplir ses forfaits. A l'intérieur d'un immeuble, en bonne citoyenne qui se respecte, une gardienne dénonce à la police tous les éléments suspects... Mis à part son héros qui patine et se casse la gueule (il rêve de danser aussi et, qui sait, peut-être ce lourdaud sympa y parviendra-t-il...), Diao Yinan n'aime pas les flics. Il fait semblant de les honorer mais les met constamment en boîte. Comme dans la scène où ils reculent, vaguement ridicules, entraînant dans leur fuite le coupable qui soudain semble les écraser de sa grandeur dérisoire."
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Libération
" L’excellente nouvelle Black Coal est une confirmation : la Chine est bien devenue l’infernale terre d’élection d’une génération de films noirs, amples et vénéneux, révélateurs impitoyables de la déliquescence de leur époque. Tout est là, où que se pose l’œil de la caméra : la vénalité exacerbée d’une société obsédée par l’argent, la corruption à tous les étages, la violence inouïe des rapports sociaux sans oublier une criminalité florissante, empruntant volontiers des détours baroques. Ce n’est pas pour rien, au passage, que la figure de l’enquêteur privé, obsolète partout ailleurs, est ici remarquablement pertinente. Encore fallait-il des cinéastes comme Diao Yinan pour mettre tout cela en musique, mixant dans une narration labyrinthique et imprévisible tous les motifs du genre, anciens et nouveaux, référencés et inédits.(...)
Ce qui force l’admiration n’est pas tant la manière dont Diao Yinan recycle ici, entre autres, quelques grands anciens et contemporains comme James Cain et Alfred Hitchcock, en passant par Carol Reed et son Troisième Homme ou encore Jia Zhangke. C’est bien davantage sa mise en scène bourrée d’audaces, foisonnante d’idées enthousiasmantes qui, précisément, trouvent à chaque fois l’équilibre qu’on pouvait penser impossible entre citations d’un grand classicisme et fulgurances qui réinventent le genre. Comme si Black Coal ne cessait de rappeler quelque chose sans jamais donner l’impression de déjà-vu. Une ellipse de plusieurs années en un seul plan lumineux, une fusillade immobile, une poursuite amoureuse en patins à glace, une fête foraine d’une tristesse abyssale, le tout systématiquement éclairé au néon blafard qui n’existe plus que dans de lointains souvenirs de cinéma adolescent, Diao Yinan fait souvent mouche et, surtout, ne s’égare jamais. Comme si muni des pièces d’un vieux puzzle, décidément le motif le plus puissant du film, le cinéaste avait pu former une fresque flambant neuve, hargneuse et cafardeuse, d’où jaillit sans prévenir une nouvelle et étincelante nuance de noir."










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