La musique au cinéma
Introducton
Pour faire écho à la programmation des BOZAR qui propose en juin une projection-concert de "2001: L'Odyssée de l'Espace" avec le Brussels Philharmonic, nous nous sommes penchés sur le rôle de la musique au cinéma... Vaste sujet, condensé ici par nos soins.
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Depuis la nuit des temps, dans un royaume fort lointain... Oui, bon, attendez. Depuis la création du cinéma (c’est mieux), la musique joue un rôle prépondérant dans le processus cinématographique. Véritable potard de l’intensité, elle souligne ou emporte, marque par son synchronisme ou son contraste ; dans tous les cas elle nous accompagne tout du long, remplie de signaux contextuels implicites. Dès les premiers films muets, c’est au piano que la bande-son était délivrée. On a tous vu un Chaplin esquisser quelques pas sur un air de piano (à peine rococo) ou entendu les cordes à moitié baroque et à moitié apocalyptique de “Metropolis”.

Les techniques de production évoluent et avec elles le caractère extrêmement symboliques des bandes-son ; “King Kong”, “James Bond”, “Star Wars”. On ne peut plus dissocier les images du son, ni l’inverse, ils ne forment plus qu’une unique cellule, un nouveau canal au potentiel incroyable. Il y a alors ces surproductions qui poussent le vice jusqu’à utiliser une Canadienne sirupeuse et vêtue de tentures pour tirer la toute dernière larmichette de nos glandes lacrymales déjà bien asséchées et en contrepartie de cette première mouvance vient l’instrumental d’ambiance. Avec des cinéastes comme Hitchcock, la musique n’est plus là pour séduire les oreilles et faciliter la digestion mais bien là comme un contenu supplémentaire, une valeur ajoutée à l’image. Les violons stridents, les ongles qui raclent le parquet, les percussions mystiques et troubles ; “Psychose” sans musique devient aussi effrayant que le dernier film de Franklin la Tortue (dans notre catalogue !).

Très vite, deux méthodes se sont imposées pour la création de la bande-son. Premièrement, les bandes-son originales, créées sur-mesure pour le film par un compositeur en étroit travail avec le réalisateur. Hans Zimmer, Clint Mansell, Alexandre Desplat, Joe Hisaishi ne nous sont pas inconnus ; leurs réalisations ont donné naissance à des films cultes dont la musique restera à jamais dans les annales.

Deuxièmement, les bandes-son constituées : une sélection de singles produits à la base pour l’industrie musicale. De prime abord, on peut se dire que la première méthode semble plus appropriée, plus honnête. Puis on regarde “Into The Wild” et salut Eddie Vedder et ses millions de frissons. Ou “Fight Club” et oh ! les Dust Brothers, tu la sens l’intensité ? Plus récemment dans “La Piel que Habito”, l’immense Almodovar, qui a le bon goût de faire cohabiter Trentemoller et Chris Garneau.

Pourtant le phénomène est traître. Qui peut clamer qu’à chaque film visionné il sait à la fin si la bande-son était phénoménale ou non ? Parce que la fusion des médias en un seul offre une assimilation qui n’en permet pas la division de façon évidente. Alors, on se demande évidemment : a-t-on zappé la bande-son tant la symbiose était bonne ? L’a-t-on remarquée uniquement parce que le film n’était pas très captivant ? Au final qu’est-ce qu’une bonne soundtrack ? Il n’y en a pas. Le ton est aussi juste avec Tubular Bells d’Oldfield qu’Air dans “Virgin Suicides” ou (même) Kavinsky dans “Drive”.

Nous avons sélectionné nos bandes-originales préférées dans la colonne de droite. Et vous, quelles sont vos B.O. cultes ?
(Matthieu Marchal)










deschee au sujet de : Amour
tellement beau et émouvant... les séquences ne sont ni trop longues ni trop courtes, le film instaure un rythme qui nous empêche de ressentir de l'ennui et ne s'attarde pas de manière excessive sur les scènes plus dures