Films

La Jalousie

Réalisation

de Philippe Garrel - France - 2014 - 1h17min

Acteurs

avec Louis Garrel, Anna Mouglalis, Rebecca Convenant, Olga Milshtein, Esther Garrel

Pitch

Louis quitte Clotilde avec qui il a eu un enfant pour Claudia. Louis et Claudia font du théâtre. L'un enchaîne les rôles tandis que l'autre ne joue pas. Claudia aime Louis, mais elle a peur qu'il la quitte. Un soir, elle fait la rencontre d'un architecte qui lui propose du travail. Louis aime Claudia, mais maintenant c'est lui qui a peur qu'elle le quitte... Et au milieu, il y a Charlotte, la fille de Louis.

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Acteurs :

  • : Louis
  • : Claudia
  • : Clotilde
  • : Charlotte
  • : Esther

Equipe du film :

  • : Philippe Garrel
  • : Philippe Garrel
  • : Caroline Deruas
  • : Arlette Langmann
  • : Marc Cholodenko
  • : Willy Kurant
  • : Guillaume Sciama
  • : Justine Pearce
  • : Manu de Chauvigny
  • : Yann Dedet
  • : Jean-Louis Aubert
  • : Saïd Ben Saïd
  • : SBS Productions
  • : Capricci films

Date de sortie :

  • 19/02/14

Informations techniques :

  • Noir et blanc
  • Long metrage
  • Français

Bandes annonces et photos

On vous en parle

  • La sélection du mois de janvier 2015

    Pour démarrer cette année 2015 en beauté, nous vous avons concoté une sélection de films tous plus épatants les uns que les autres. Au programme, la Palme d'Or du dernier Festival de Cannes (attention, chef d'oeuvre !), un drame sentimental signé Philippe Garrel, un polar brutal et sanglant réalisé par notre compatriote Fabrice Du Welz, ou encore un documentaire absolument passionnant signé Frederick Wiseman... Il y en aura donc pour tous les goûts. Bienvenue en 2015 sur Universciné !

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Ils en parlent

  • Cahiers du Cinéma

    " On abuse souvent du mot « pureté », mais c’est bien de cela qu’il s’agit. Cinéma à l’état pur, cinéma argentique de visages projetés, eux-mêmes écrans sur lesquels brillent les sentiments. Cinéma à l’état pur, c’est-à-dire de la vie enregistrée avec cette acuité qui fait respirer plus fort, nous mettant face à l’intensité de l’instant. "

    Nicholas Elliot, Cahiers du Cinéma
  • L'Humanité

    " C’est que Garrel sait comme personne d’autre dire la tragédie qui se nourrit du quotidien. Et filmer cela comme s’il ne s’agissait que de quotidien seulement. Banalité de tout drame, une soupe partagée comme une confidence, un escalier comme une montée au ciel, un bonnet tricoté pour dire la beauté d’un après-midi dans un parc où nageait un cygne. Tous les films de Garrel depuis toujours nous ont parlé de lui. Celui-là est l’un des plus beaux, écrit comme une confidence sur un souvenir d’enfance où l’on peut enfin rendre justice et amour à tous ceux qui le vécurent. "

    Emilie Breton, L'Humanité
  • Critikat.com

    " Le retour au noir et blanc 35mm, après Un été brûlant, prend tout son sens dans une œuvre centrée sur l’intime et la proximité des corps, que Garrel unit par le dialogue, l’étreinte, ainsi que par l’attention toute particulière qu’il porte aux intérieurs. Sans s’attarder complaisamment sur la beauté de l’image, le geste du film est rapide et sobre, apte à saisir l’intensité d’une pose, le grain de la pierre, l’expressivité d’un visage, et de les restituer dans le même temps à cet ensemble plus vaste d’où ils émergent. "

    , Critikat.com
  • Les Inrockuptibles

    Et si l’hospitalité représentait la question centrale de l’amour et du cinéma.

    Une histoire de bouleversements. Des personnages bouleversés par l’amour, famille fragile qui se compose et se recompose. Louis et Clotilde ont une petite fille, Charlotte, mais Louis aime Claudia. Esther est la sœur de Louis, Louis aime leur père qui est mort il y a longtemps. Claudia quitte Louis, mais Louis ne meurt pas. Philippe Garrel, le metteur en scène, dessine ses proches. Son film avance de proche en proche, par espaces contigus, quittant un espace pour un autre sans qu’ils se recoupent complètement.

    Quitter quelqu’un, c’est quitter son espace, quitter le plan. Le metteur en scène assemble ses dessins par deux ou par trois, les espaces se rencontrent, les proches se rapprochent, s’éloignent. C’est très beau, il y a le noir et blanc du fusain, les expressions s’impriment patiemment sur pellicule. Et c’est autre chose : quel peintre fait un dessin seulement pour qu’il soit beau ? Il faut que le fusain se fasse fusées, passages.

    Passages de générations, d’abord. Tous ces espaces proches séparés sont traversés par la petite fille. Elle est le troisième terme de chaque jalousie – chaque rencontre entre deux personnages est un amour jaloux. Garrel dit qu’il fait revivre par son fils Louis son propre père, Maurice Garrel, et qu’il est lui-même la petite fille. “Tu es jalouse ?”, lui dit Louis quand elle rencontre Claudia. Cette formidable petite fille jalouse, c’est le cinéaste qui s’obstine à voir et qui souffre avec ses visions, qui souffre avec les personnages. Qui se souvient de chaque signe, qui garde jalousement les cicatrices indélébiles des générations et des amours.

    Il n’y a pas, comme dans le précédent film, Un été brûlant, la difficulté à transmettre l’expérience, la douleur d’être fidèle en amour et en politique, la couleur terrible du temps qui brûle. Dans l’hiver froid de La Jalousie, le discours d’amour fou circule librement entre tous, et entre les parties du film : “J’ai gardé les anges” et “Le Feu aux poudres”. Garder les anges : ne pas mourir, ne pas guérir, continuer à voir avec le regard jaloux du cœur.

    Mais le cœur est une poudrière, la folie, à chaque génération, un danger, une expérience transmise sans le dire. Dangers : la voix d’Anna Mouglalis qui est le contraire d’une voix blanche, une noirceur vaste, un abîme accidenté. Femme fatale encore, femme-destin qui trahit pour continuer à vivre, dans son rôle d’actrice sans rôle. Et le feu dans l’appartement d’Esther (si belle d’être autant d’aujourd’hui que d’hier). Dangers du monde extérieur et des blessures antérieures.

    Générations de passages, aussi. Louis raconte à sa sœur la loi du désert, qu’il tient de leur père. “C’est quand tu es dans le désert et que quelqu’un te demande l’hospitalité. Tu dois lui donner trois jours et trois nuits sous ta tente, après il doit partir.” On quitte l’espace de l’amour pour retourner au désert du monde. La loi du cinéma est de garder avec soi cet amour, d’accueillir le spectateur et les amours du spectateur, d’inviter la vie dans le plan.

    L’hospitalité, le monde des frères et des sœurs qui échappe aux regards jaloux et aux trahisons, serait cet espace proche qu’on n’est pas obligé de quitter. Claudia vient dans la tente de Louis, a peur qu’il parte, part enfin pour un autre espace, cet appartement qu’on lui offre. Elle bouleverse tout.

    Quant à la petite fille jalouse, elle attend Papa. Papa se répond à lui-même, comme Maurice Blanchot : “Je suis vivant. Non, tu es mort.” La petite fille, ou l’ange, ou le cinéma, répond plutôt : “Je suis mort. Non, tu es vivant”. Le cinéma existe, c’est bouleversant.

    Luc Chessel, Les Inrockuptibles
  • Télérama

    Télérama

    Après Un été brûlant, voici l'hiver. Saison des arbres nus, des filles transies. Un homme, Louis, est là pour les réchauffer, leur donner son écharpe ou son blouson. Il est comédien de théâtre — on l'aperçoit furtivement dans sa loge, en coulisse. Il vient de quitter sa femme et sa fille pour vivre avec une autre, Claudia (Anna Mouglalis). Elan retrouvé d'un côté, chagrin de l'autre. Le couple a l'air sur un nuage. Mais le ciel s'obscurcit peu à peu, par manque d'argent, par infidé­lité. Voilà, c'est tout, pour ainsi dire, et c'est beaucoup. Rien de moins que la naissance de l'amour, son épanouissement, sa fin. Depuis longtemps, l'auteur du Vent de la nuit n'avait pas concentré les choses essentielles de l'existence avec une telle simplicité, de manière directe et limpide à la fois. Comme une suite de fragments rigoureux, les images composent une épure émouvante, où le pathos est mis à distance.

    Claudia a la voix ensorceleuse d'une vamp. Un caractère ardent, anxieux aussi. Elle aime Louis, mais se cherche à travers lui, se cogne, s'affole un moment de ne plus le revoir, court pour le retrouver. Ces instants d'angoisse amoureuse, de sentiment d'abandon, Philippe Garrel les filme mieux que quiconque. Et puis il y a l'inconstance, les fluctuations, les tentations. Claudia n'y résiste pas, veut tout vivre. Louis, non. Il sait qui il est, fait des choix, s'en tient à des rencontres platoniques. Un jour, au cinéma, il croise le regard d'une jolie femme, lui prend juste la main. Séquence magnifique, magie pure d'une caresse sans lendemain.

    Comme souvent chez Garrel, l'enfant occupe une place primordiale. La fillette a une relation forte, complice, mutine avec son père. Elle aussi ressent le manque — elle reste accroupie dans le couloir, espérant son retour. Cette obsession de l'amour filial, on la retrouve, aussi, à travers les pères de substitution des héros : deux mentors lettrés qui, le temps d'une scène, réveillent le souvenir du grand Maurice (le père de Philippe, disparu en 2011), dont certains éléments biographiques ont visiblement nourri le scénario.

    Le film, chronique douce-amère, s'approche de l'aquarelle, de la nouvelle. En peu de mots, peu d'images, l'affection et le détachement sont saisis simultanément. Une femme qui lave avec tendresse les pieds d'un vieil homme. Louis qui répète son rôle de Britannicus en se rasant, tandis que son épouse, non loin, lit allongée. Une mère seule avec son enfant, à table, qui mange de la soupe en cachant sa détresse. Ce sont autant de moments poétisés du quotidien, de gestes ordinaires filmés dans un noir et blanc coupant d'estampe (grâce à Willy Kurant, précieux directeur de la photo).

    En épousant le point de vue du personnage masculin, le film donne l'occasion à Louis Garrel d'être particulièrement touchant. On ne l'a jamais vu ainsi, aussi présent, dans un film de son père. Rieur, solide, mais anéanti dans ce plan où, sur le trottoir, il reste pé­trifié, muré en lui-même. Même quand il n'est pas à l'image, il est là : dans une séquence, Claudia se rend à un rendez-vous, elle rejoint une amie qui lui présente un architecte argenté. Scène allègre, a priori anodine, sauf qu'on entend, en contrepoint subtil, une musique cristalline, comme des larmes de piano (composées par Jean-Louis Aubert), qui annoncent déjà la souffrance de Louis. Cette meurtrissure qui porte le nom de jalousie.

    Jacques Morice, Télérama
  • Libération

    Ce film «de famille» avec Anna Mouglalis dissèque la culpabilité et le désespoir amoureux. Simple et lumineux.

    Si l’amour est bien, comme dirait Georges Bataille, «une comédie ou une soif de souffrance», alors le premier plan de la Jalousie ne peut pas mieux dire vers quel terme de l’alternative penche le cinéaste. Dans un silence résigné porté par un noir et blanc au fusain (splendide photo de Willy Kurant), une femme sanglote. Cette dédicace qui ne dit pas son nom est, de la part de Philippe Garrel, le souvenir cuisant et sans doute honteux puisqu’il en fut un des instruments, de cette souffrance vécue par sa propre mère après qu’elle se fut séparée de Maurice, le père du cinéaste.

    Suspension. On ne sera pas étonné de voir Garrel, une fois encore, explorer sa propre histoire et celles de ses proches, entremêlant les rôles et les filiations. Comme il le dit dans la déclaration d’intention du film, «mon fils joue mon père à 30 ans». Son père, Maurice, disparu en 2011, qui a tant pesé sur sa carrière, est donc là, lui aussi, par petit-fils interposé, Louis, au côté de sa propre sœur, Esther, également au générique.

    A ce jeu qu’il est possible de poursuivre indéfiniment (Caroline Deruas, la compagne de Philippe Garrel, est coscénariste du film, avec Arlette Langmann et Marc Cholodenko), il n’est ni indispensable ni même recommandé de connaître l’arbre généalogique de la famille Garrel. La Jalousie possède, au contraire, cette simplicité lumineuse des films en suspension, entre réalité étouffante de la fin d’une histoire d’amour et euphorie tout aussi douloureuse d’une autre qui naît.

    La jalousie autour de laquelle Garrel fait une révolution complète est celle que partagent tous les personnages du film. Un homme quitte une femme pour vivre avec une autre. Ils sont tous deux comédiens mais lui joue au théâtre, pour presque rien, tandis qu’elle travaille dans un bureau, pour faire manger la petite famille. Une nuit, leur fille de 7 ou 8 ans surprend leur dispute et en observe le dénouement par le trou de la serrure. Il s’en va, auprès d’une autre femme qui, à son tour, le quittera, le laissant fou de douleur. Dans cette histoire, chacun est victime et bourreau, souffrant aussi de la souffrance qu’il inflige. L’amour chez Garrel est toujours fou, vorace, sans limite. Il ne se perçoit qu’à l’intensité de la douleur qu’il provoque, comme un poison délicieux dont il est impensable de se priver.

    Infini. Mais cette tragédie passionnelle à laquelle tout le monde a droit un jour, auteur et public confondu dans la même détresse, ne serait qu’une variation brillante sans cette apparente facilité avec laquelle Garrel fait surgir ses instants poétiques. Dans deux très belles scènes, les amants vont rendre visite à deux vieux bonshommes dont on n’a aucune peine à comprendre qu’ils sont leurs mentors respectifs. Les amoureux sont admiratifs, sages comme des images et sont redevenus, l’espace d’un instant, les ados fiévreux qu’ils n’ont pas tout à fait cessé d’être. Ces hommes, professeurs ou écrivains, sont surtout des pères de substitution, des trésors dont il faut prendre un soin infini. Anna Mouglalis, qui apparaît ici comme si personne n’avait jamais su la filmer ni la photographier jusque-là, évoque Maïakovski avec son mentor tandis que, comme dans un tableau médiéval, elle lui lave les pieds. La scène est presque irréelle, d’une douceur infinie et, en même temps, d’une normalité troublante. Comme si la représentation de cet amour, pour une fois dénué de toute jalousie, était celui après lequel Garrel avait couru toute sa vie.

    Bruno Icher, Libération

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      8/10

    Il y a quelque chose de douillet, dans le film,qui est montré au début, et ce dans une invitation à partager les moments intimes des protagonistes. J'ai beaucoup aimé les différents décors, chaque intérieur en reflet des personnages qui l'habitent, la tapisserie fantasmagorique de la chambre du petit garçon, la librairie où se réfugier en cas de pluie, pour y acheter des nouvelles de Raymond Carver par exemple. Toutes ces univers et ces relations sont crédibles, l'amour sororel, la maman célibataire et son fils, la tante et le neveu, tout est juste,pour moi dans la façon de rendre ces relations aimantes, tendres,particulières et puis la soeur rencontre quelqu'un et c'est la passion et c'est merveilleux mais angoissant aussi, et puis il y a le drame et puis quelque chose de l'ordre de la réparation.J'ai beaucoup aimé ce film, la justesse des personnages,leur psychologie,comment ils sont filmés,mais aussi la musique, les décors. Tout contribue à nous emmener ailleurs, et endedans de soi, dans le meilleur.