L'étrange couleur des larmes de ton corps
Acteurs
avec Klaus Tange, Sam Louwyck, Ursula Bedena, Jean-Michel Vovk, Sylvia Camarda, Anna D'Annunzio, Manon Beuchot, Birgit YewPitch
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Acteurs :
- : Dan Kristensen
Equipe du film :
- : Hélène Cattet
- : Bruno Forzani
- : Hélène Cattet
- : Bruno Forzani
- : Manuel Dacosse
- : Dan Bruylandt
- : Julia Irribarria
- : Bernard Beets
- : Eve Commenge
- : François Cognard
- : Eurydice Gysel
- : Koen Mortier
- : Pol Cruchten
- : Shellac Distribution
Date de sortie :
- 12/03/14
Informations techniques :
- Couleur
- Long metrage
- Danish, Français
Thèmes
Ils en parlent
-
Le Monde
"L'Etrange Couleur des larmes de ton corps pourrait, si l'on s'en tient à ses prémices, n'être qu'un récit d'épouvante criminelle, un banal mystère à élucider avec coupable à démasquer et secret à dévoiler. Une énigme balisée qui aurait pris, in extremis, une valeur symbolique, par un de ces processus rhétoriques qui plaisent au critique de cinéma en quête d'allégories à décrypter.
Ce n'est pas exactement cela. Avec leur deuxième film, ce couple de cinéastes français, basés à Bruxelles, continuent un travail à la fois inspiré et original. Comme ce fut le cas avec leur premier long-métrage, Amer, images et sons renvoient, sous la forme de collages, au film policier horrifique italien des années 1970, le giallo. (...)
Avec ses additions de morceaux de bravoure dénués de toute causalité immédiate, sa musique lounge-pop extraite des bandes-son italiennes des années 1970, L'Etrange Couleur des larmes de ton corps est une plongée sensuelle et angoissante, un voyage intérieur où domine la sensation pure. (...)
Le film d'Hélène Cattet et Bruno Forzani apparaît comme le modèle unique d'une œuvre qui se réduirait à un symptôme, à la manifestation d'un désordre psychique, une construction qui n'aurait pas besoin de l'ordre confortable de la narration et de la figuration classique pour rendre perceptible le secret caché des âmes.
Une telle volonté, presque purement poétique, pourrait n'être qu'insupportable si les cinéastes n'avaient justement pas eu recours à l'imagerie et au son d'un art dont la noblesse a toujours été discutable, et si la beauté plastique et musicale de leur film pouvaient être contestée. Ce n'est pas le cas."
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Télérama
"L’Etrange Couleur des larmes de ton corps balaie en partie les doutes. Toujours campés sur leur univers horrifique fétiche, Hélène Cattet et Bruno Forzani radicalisent leur position et affinent leur style. A partir d’un récit sommaire (...), ils déploient une vénéneuse atmosphère de cauchemar lynchien prétexte à une déferlante d’images fantasmatiques.
Pendant près de deux heures, frisant parfois la surchauffe, le film collectionne les morceaux de bravoure graphiques, visions hallucinées de meurtres, tortures et délires psychotiques inspirées par Dario Argento ou Jess Franco.
Recourant au split-screen et à toute la gamme des filtres de couleur, le duo Cattet-Forzani applique finalement à l’imagerie bis la même formule que Brian De Palma destinait à l’œuvre d’Hitchcock : falsifier un cinéma, en isoler les motifs, les effets, pour inventer sa propre langue.
Ici, le fantastique et l’horreur n’existent plus que comme des signes épars (un cri, un gant, une lame de rasoir) convoqués en tant que puissants moteurs d’émotion dans un film-trip dont l’unique dessein est d’affoler les sens, de provoquer un vertige à la fois suave et morbide.
Rarement, ainsi, le lien implicite entre cinéma d’horreur et porno n’aura été plus sensiblement incarné : dans ce film, la déchirure des chairs infligée par un couteau est une pénétration, les corps martyrisés saignent et jouissent indifféremment.
L’Etrange Couleur des larmes de ton corps n’apporte donc aucune réponse définitive sur l’avenir de ses auteurs, que l’on imagine mal se sortir de leur obsession fétichiste du genre, mais il constitue en l’état une expérience unique réhabilitant la vitalité transgressive et pulsionnelle du cinéma d’horreur."
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Critikat.com
"L’Étrange couleur des larmes de ton corps ressemble également à cela – cette autre face du cinéma de cinéphiles élevés dans les marges du bis. Hommage halluciné et kaléidoscopique aux gialli italiens, le deuxième film du duo français installé en Belgique extrait la sève fétichiste et sadomasochiste des réalisations de Mario Bava et Dario Argento pour l’injecter à ses propres images tourmentées. En découle une œuvre tenant, finalement, moins de l’hommage transi que d’une tentative d’amener toutes les afféteries stylistiques d’un genre archi-codifié à une sorte de divagation formelle. (...)
Très rapidement, l’indéniable maîtrise de Bruno Forzani et Hélène Cattet vise moins la création d’un monde ordonné que la provocation d’un dérèglement sensoriel – formidablement mis en place par les éléments architecturaux piochés dans plusieurs décors Art nouveau (à Bruxelles et Nancy) et condensés en une seule demeure ainsi composée d’insondables galeries. Cette ambition esthétique maniériste, jouant les funambules entre le déploiement d’une cinématographie disciplinée et la troublante torsion des espaces, s’incarne idéalement dans cette architecture faite de lignes sinueuses agencées symétriquement. (...)
Car même si ses folles expérimentations se retrouvent petit à petit paralysées par une application trop mécanique de son programme, il n’en demeure pas moins que L’Étrange couleur... distille un venin stylisé rarement diffusé dans les salles de cinéma."










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