Invasion of the Body Snatchers{L'Invasion des profanateurs de sépultures}
Acteurs
avec Kevin McCarthy, Dana Wynter, Larry Gates, Carolyn Jones, King Donovan, Sam Peckinpah, Whit BissellPitch
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Acteurs :
Equipe du film :
- : Don Siegel
- : Daniel Mainwaring
- : Richard Collins
- : Sam Peckinpah
- : Walter Wanger
- : Ellsworth Fredericks
- : Robert S. Eisen
- : Jack Finney
- : Carmen Dragon
Date de sortie :
- inédit
Informations techniques :
- Noir et blanc
- Long metrage
- Anglais
Thèmes
Ils en parlent
-
Télérama
Avant toute chose, oubliez le titre, impropre, à même de vous aiguiller sur une mauvaise piste, horrifique ou gore. De sépulture, il n'y en a point. La traduction exacte du titre original (Invasion Of The Body Snatchers) serait plutôt « Invasion des voleurs de corps ». Tout commence dans une petite ville de Californie où un médecin constate des troubles étranges chez deux patients convaincus qu'un de leur proche a été remplacé par un autre. La tension grandit peu à peu, à mesure que le clonage, certifié, se multiplie alentour. Aidé par un couple d'amis et une ancienne connaissance dont il s'est épris, le médecin tente de stopper l'invasion, en se heurtant à la difficulté de savoir qui est fiable.
Nulle ride n'est apparue sur ce classique de la science-fiction daté de 1956, au noir et blanc aussi scintillant (merci à Ellsworth Fredericks, directeur de la photo), aux cadrages graphiques, à la musique impétueuse (merci au piano percutant de Carmen Dragon). Efficacité, réalisme et sobriété caractérisent la conduite du récit, fondé sur une parano galopante. Son suspense et son rythme soutenu le rapprochent d'un thriller, sans effets spéciaux ou presque. La seule bizarrerie, ce sont les cosses géantes venues d'ailleurs. Les envahisseurs ne naissent pas dans les choux mais émergent, tels des insectes d'une chrysalide, de ces sortes de haricots géants que le médecin se résout un moment à brûler.
Réalisé au lendemain d'une chasse aux sorcières qui gangréna tout Hollywood, le film s'en fait sans doute l'écho. Davantage d'ailleurs pour la condamner — le scénariste de talent, Daniel Mainwaring, était notoirement progressiste — que pour se faire le chantre de l'anticommunisme sur fond de guerre froide, comme certains ont pu l'avancer. Ce que Don Siegel dénonce plutôt, c'est l'uniformisation de la pensée, l'embrigadement sous toutes ses formes, l'absence d'affects, celle-là même qui caractérise les clones, inexpressifs, indifférents. Le film, avant tout allégorique, offre de toute façon des interprétations multiples, d'où sa richesse. Et aussi sa capacité à susciter des remakes, chacun étant plus ou moins le reflet de son époque. On n'en compte pas moins de trois, l'un de Philip Kaufman daté de 1978 (avec Donald Sutherland et Jeff Goldblum), un autre d'Abel Ferrara (1993) et un dernier d'Oliver Hirschbiegel (2007).
A l'origine, il faut savoir que Don Siegel avait fourni une version plus noire, complétée ensuite par un prologue et un épilogue, sur ordre du distributeur. Cet ajout entame à peine le pessimisme sensuel de ce qui se révèle aussi une histoire d'amour, avec un couple luttant pour rester éveillé, au sens figuré comme propre (puisque c'est dans le sommeil que les envahisseurs s'invitent). Ah ! ce baiser final, froid et sans saveur, à partir duquel le héros devine que sa bien-aimée a basculé du côté de la force obscure ! Le combat mené contre le néant se fait ici au prix d'une terrible solitude.










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