Tabou{Tabu}
Réalisation
Acteurs
avec Ana Moreira, Carloto Cotta, Laura Soveral, Teresa Madruga, Isabel Cardoso, Ivo Müller, Henrique Espírito Santo, Manuel Mesquita, Judite EvaristoPitch
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Acteurs :
- : Aurora, jeune
- : Gian Luca Ventura, jeune
- : Aurora, âgée
- : Pilar
- : Le mari d'Aurora
- : Gian Luca Ventura, âgé
- : Mário
- : La servante d'Aurora
Equipe du film :
- : Miguel Gomes
- : Miguel Gomes
- : Mariana Ricardo
- : Rui Poças
- : Vasco Pimentel
- : Bruno Duarte
- : Silvia Grabowski
- : Miguel Gomes
- : Telmo Churro
- : Silvia Grabowski
- : Luís Urbano
- : Sandro Aguilar
- : Gullane Filmes
- : Komplizen Films
- : O Som e a Fúria (Lisbao)
- : Shellac Sud
Date de sortie :
- inédit
Informations techniques :
- Noir et blanc
- Long metrage
- Anglais, Polish, Portuguese
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Bandes annonces
Thèmes
Ils en parlent
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Première
" Construit en deux parties, Tabou conte l’étrange histoire d’un paradis perdu. Dans un Lisbonne envahi d’images tropicales (crocodiles au cinéma, singes sur une pancarte, jungle dans un café), le premier segment de cette oeuvre en noir et blanc souffle sur les braises encore brûlantes du colonialisme portugais à travers un trio féminin dominé par une vieille dame fantasque. L’Éden, cette dernière l’a perdu cinquante ans auparavant en Afrique. On le retrouve dans la seconde partie du film – muette –, plus lumineuse, mélodramatique et sensuelle. Concentrée sur les oeillades amoureuses et les bruissements de la savane sur fond de musique pop 60s (parfois interrompue par des coups de feu), la love story mélancolique entre Aurora et son amour de jeunesse, cousine arty d’Out of Africa, libère un euphorisant parfum de songe éveillé."
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Télérama
" Dans la réalité, ni en Mozambique ni ailleurs en Afrique le mont Tabou n'existe. Ce serait trop beau. Or rien n'est trop beau pour ce film d'amour épique, tout en inventions, en fulgurances. Un crocodile en est l'emblème, le totem, presque le choeur antique à lui tout seul. Lorsqu'il apparaît, c'est encore un bébé : le cadeau fantasque d'un jeune marié heureux à son épouse, dans l'Afrique coloniale des années 1960. Or la seule présence de l'animal, encore au " berceau ", suggère on ne sait quel danger, désir fatal, tragédie à venir.(...) Son noir et blanc, son titre — celui de l'ultime chef-d'oeuvre de Murnau, tourné dans les mers du Sud — sont presque des trompe-l'oeil, des clins d'oeil. Tabou n'est pas un fac-similé de cinéma classique, comme pouvait l'être The Artist. Plutôt un prototype génial. Les deux premiers longs métrages du réalisateur portugais, restés confidentiels en salles, disaient déjà son entrain à réveiller le cinéma par des expériences formelles.(...)Tabou recèle un supplément de malice, une touche pop, un dandysme un rien absurde : on y entend souvent les tubes sixties joués, façon yéyé portugais, par l'orchestre où Ventura est batteur. L'une des réussites du film, et sa modernité, consiste à mêler idéalement ce léger rire sous cape et une grande intensité romanesque. A dire en même temps le dérisoire et la grandeur des passions. Le découpage en deux parties bien distinctes, avec ce prologue contemporain à Lisbonne, intitulé « Paradis perdu », puis ce récit africain, « Paradis », est évidemment d'une douce ironie. Comme chacun sait, comme Proust l'a si bien formulé, les seuls paradis sont les paradis perdus."
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Les Inrockuptibles
" Au bord d’une piscine vide, quelque part dans une colonie portugaise d’Afrique, années 50, un orchestre joue : ce n’est pas un mambo ou un cha-cha-cha que l’on entend, mais la version du Baby I Love You des Ronettes (1963) par les Ramones (1979) !
Play-back, double anachronisme, mix temporel, collage son-images, pop céleste et déchirante, cette séquence résume l’incroyable séisme émotionnel, poétique et cinématographique que déclenche ce film sublime et sorcier.
Critique réputé, auteur des superbes La gueule que tu mérites et Ce cher mois d’août, Miguel Gomes s’affirme avec Tabou comme l’un des trésors les plus précieux du paysage cinématographique actuel.
Un cinéaste qui cherche et trouve, ose et réussit, synthétise en un impossible paradoxe un retour au cinéma des origines et une acuité absolument contemporaine.(...)Mais le film n’est pas seulement un formidable objet théorique pour thésards en cinéma. Avec sa voix chaude, fatiguée, son phrasé chuintant, incroyablement sensuel, Ventura raconte en off son histoire d’amour avec Aurora sur fond de farniente colonial. De scènes d’amour silencieuses en plans granuleux sur la savane, du jeu des acteurs alternant expressionisme et modernité en jaillissements de pop chantilly, les sortilèges filmiques abondent.
Et nous sommes autant saisis par l’impact mélodramatique de cette histoire racontée sans un gramme d’ironie qu’éblouis par la puissance poétique, ludique, inventive de la mise en scène de Gomes, tout en étant travaillés par notre regard sur le temps des colonies et le processus de décolonisation.
Tabou réussit à tresser les deux extrémités a priori injoignables du cinéma : son innocence primitive et sa distanciation postmoderne. On ne parlera pas de chef-d’œuvre ou de monument, plutôt d’un film vaudou, d’un aérolithe noir chu de l’un des imaginaires les plus féconds et cinésensibles du moment. Du cinérêve, de la pure magie."
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Critikat.com
" Ce cher mois d'août, en 2009, avait déjà fait éclore l’idée mais, avec Tabou son troisième film, Miguel Gomes nous entraîne résolument à ressentir toute l’émulsion – donc l’épreuve – à laquelle tient un film. Comment faire du cinéma quand plane l’idée de son extinction par la seule finitude de sa forme ? Dans Ce cher mois d’août, Gomes redoublait d’ingéniosité, de ruse, pour déjouer cette idée. Tabou, en glissant suavement du Portugal d’aujourd’hui au passé mythique d’une colonie d’Afrique à la veille de son indépendance, poursuit cette hubris filmique de mise au défi du cinéma, comme s’il fallait faire proliférer la forme du film, la faire s’épanouir comme une fleur, pour l’empêcher de se replier et de se réduire à un sens. Pour cela, il faut toute la puissance d’un vœu.
Tabou est de ces films où l’on n’a pas besoin d’en connaître grand-chose pour les découvrir. Savoir seulement que, comme Ce cher mois d’août, mais aussi comme Holy Motors, Cosmopolis ou Oncle Boonmee, son charme repose sur un lâcher-prise de la part du spectateur. Se rendre disponible à lui, avec toutes les circonvolutions émotionnelles que cela implique ; foncer dans la gueule béante du crocodile qui, de son œil vert, nous invite à le suivre."







Vous en parlez
Magique, merveilleux et cinéphilique ! Du vrai cinéma où les images se suffisent à elles-mêmes, d'un noir et blanc des origines où leur beauté et leur poésie transportent le spectateur ...
Magnifique!