La nouveauté du mois : "White Bird in a Blizzard" de Gregg Araki
Kat Connors a 17 ans lorsque sa mère disparaît sans laisser de trace. Alors qu’elle découvre au même moment sa sexualité, Kat semble à peine troublée par cette absence et ne paraît pas en vouloir à son père, un homme effacé. Mais peu à peu, ses nuits peuplées de rêves vont l’affecter profondément et l’amener à s’interroger sur elle-même et sur les raisons de la disparition de sa mère… 4 ans après Kaboom, Gregg Araki nous revient avec une oeuvre belle et tortueuse mais aussi plus mature, avec Eva Green et Shailene Woodley dans un duo mère-fille toxique et envoûtant.
Le film belge du mois : "Image" d'Adil El Arbi et Bilall Fallah
Eva Hendrickx est une jeune journaliste ambitieuse qui travaille pour l’équipe de télé du légendaire Herman Verbeeck. Elle est déterminée de boucler un documentaire sur les émeutes à Molenbeek. Alors que la violence se répand dans la ville entière, Eva rencontre Lahbib, un Maroccain avec un passé troublé. Il l’emmène dans son monde rude et complexe. Entretemps, dans le monde compétitive des médias, Herman Verbeeck essaie d’exploiter le documentaire d’Eva. Premier long-métrage du duo Adil El Arbi et Bilall Fallah, "Image" est une descente pratiquement documentaire dans les quartiers les plus chauds de la capitale. La force du film est d'éviter les clichés trop simplistes pour proposer une véritable réflexion sur le fonctionnement de ces quartiers. "Image" est un des plus gros succès en salle pour un film belge en 2014. Si vous l'avez manqué, n'hésitez plus !
Le documentaire du mois : "National Gallery" de Frederick Wiseman
National Gallery s'immerge dans le musée londonien et propose un voyage au cœur de cette institution peuplée de chefs d'œuvre de la peinture occidentale du Moyen-âge au XIXe siècle. C’est le portrait d'un lieu, de son fonctionnement, de son rapport au monde, de ses agents, son public, et ses tableaux. Dans un perpétuel et vertigineux jeu de miroirs, le cinéma regarde la peinture, et la peinture regarde le cinéma. Frederick Wiseman, l'un des plus grands documentaristes américains, poursuit son exploration des institutions de notre monde contemporain. Une oeuvre inventive et captivante qui démontre la vitalité de ce géant du 7ème art !
La comédie culte et singulière du mois : "Steak" de Quentin Dupieux
En 2016, la mode et les critères de beauté ont beaucoup changé. Une nouvelle tendance fait des ravages chez les jeunes : le lifting du visage. Georges, un jeune diplômé récemment lifté, profite des vacances d'été pour s'intégrer aux "Chivers", une bande de caïds liftés à l'extrême. Blaise, un loser rejeté et ex ami d'enfance de Georges, aimerait lui aussi faire parti de la bande... Premier long-métrage de Quentin Dupieux (Rubber, Wrong), Steak est un véritable ovni cinématographique. Le film installe déjà toutes les fondations de l'univers si singulier de Dupieux : un cinéma de l'étrange, de l'absurdité et du non-sens. Incompris lors de sa sortie, le film est aujourd'hui devenu une oeuvre culte, donnant au passage une véritable crédibilité cinématographique au duo Eric et Ramzy.
Le biopic du mois : "Howl" de Rob Epstein
En 1957, l'éditeur du poète américain Allen Ginsberg est poursuivi en justice à la suite de la publication du poème "Howl" considéré comme obscène. Peu connu à l'époque, l'auteur devient rapidement un des personnages marquants de la contre-culture américaine. Injustement méconnu, "Howl" de Rob Epstein n'en reste pas moins une oeuvre absolument passionnante. C'est un film en forme de portrait très original, servant un fond on ne peut plus intéressant et rarement exploré au cinéma. James Franco offre une performance 5 étoiles en incarnant le personnage d'Allen Ginsberg. Original et bouleversant.
Le documentaire polémique du mois : "L'avocat de la terreur" de Barbet Schroeder
Communiste, anticolonialiste, d'extrême droite ? Quelle conviction guide Jacques Vergès ? Barbet Schroeder mène l'enquête pour élucider le " mystère ". Au départ de la carrière de cet avocat énigmatique : la guerre d'Algérie et Djamilah Bouhired, la pasionaria qui porte la volonté de libération de son peuple. Le jeune homme de loi épouse la cause anticolonialiste, et la femme. Puis disparaît huit ans. A son retour, Vergès défend les terroristes de tous horizons (Magdalena Kopp, Anis Naccache, Carlos) et des monstres historiques tels que Barbie. D'affaires sulfureuses en déflagrations terroristes, Barbet Schroeder suit les méandres empruntés par " L'avocat de la terreur", aux confins du politique et du judiciaire. Le cinéaste explore, questionne l'histoire du " terrorisme aveugle " et met à jour des connexions qui donnent le vertige. César du Meilleur documentaire 2008.
Le chef d'oeuvre du mois : "La couleur du paradis" de Majid Majidi
Mohammad est un garçon âgé de huit ans qui étudie à Téhéran dans une école pour aveugles. Les vacances approchent et, en compagnie de son père Hashem, il retourne dans son village natal. Sur le chemin qui mène aux hauteurs du nord de l'Iran, il redécouvre la nature et prend goût à une nouvelle vie. Des méditations qui ne trouvent aucun écho auprès de son père. "La couleur du paradis" a remporté le Grand Prix et le Prix du Public au Festival du Film d'Action et d'Aventures de Valenciennes 2000. Après "Les enfants du ciel", joli conte sur l'enfance, le cinéaste iranien Majid Majidi continue dans le registre de l'émotion.