La Chambre bleue
Réalisation
Acteurs
avec Mathieu Amalric, Stéphanie Cléau, Léa Drucker, Laurent Poitrenaux, Serge Bozon, Blutch, Mona Jaffart, Véronique AlainPitch
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Acteurs :
- : Julien Gahyde
- : Esther Despierre
- : Delphine Gahyde
- : le juge d'instruction
- : Le gendarme
- : Le psychologue
- : Suzanne Gahyde
- : la mère de Nicolas
Equipe du film :
- : Mathieu Amalric
- : Mathieu Amalric
- : Stéphanie Cléau
- : Georges Simenon
- : Christophe Beaucarne
- : Christophe Offret
- : Dorothée Guiraud
- : François Gédigier
- : Grégoire Hetzel
- : Paulo Branco
- : Rémi Burah
- : Olivier Père
Date de sortie :
- inédit
Informations techniques :
- Couleur
- Long metrage
- Français
Thèmes
Ils en parlent
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Libération
" Evoluant, un peu à la façon du Grand Alibi de Hitchcock, au fil des flash-backs que l’enquête criminelle réveille chez le héros, le film puise son énergie instruite et créative du côté d’un artisanat post-hollywoodien, qui cultive le goût d’un cinéma de la modestie noble, inspiré par Hitchcock donc (pour la fixation érotique), Tourneur (pour le charme vénéneux), la série B ou la RKO. Et Amalric le fait sans se gêner, s’autorisant même une incroyable scène de coup de foudre au bord d’une route sylvestre, baignée dans un lyrisme automnal à la Sirk, avec la même fascination pour les chromos de romans-photos en plans fixes.
Même la construction en flash-backs progressifs et enchâssés évite l’écueil, si courant, d’une préciosité factice au montage : les choses, ici, se mettent en ordre à l’ancienne, avec une sorte de brutalité sobre et efficace. Une fois qu’on l’a fréquentée de près, La Chambre bleue peut de nouveau être considérée à distance et perçue pour ce qu’elle est : une chambre secrète rendue publique, un film dont le geste vital ressemble à un auto-coup de pied aux fesses, dont l’objectif est le mouvement (ne jamais s’éterniser là où on nous attend) et dont la somme est une prise de risque comme on en voit trop rarement."
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Les Inrockuptibles
" Avec son écran tout carré qui nous ramène à un cinéma ancien (le format), Amalric semble glisser les plans comme des cartes à jouer, les battre et les rebattre, les brouiller, les faire circuler comme des caches, comme dans le jeu de bonneteau ou dans le close-up – cette discipline de la prestidigitation qui consiste à accomplir son tour au plus près du spectateur pour mieux l’aveugler… Certaines images, que l’on croyait oubliées, resurgissent à la mémoire du pauvre petit homme qui n’a rien compris : des flashes érotiques, les sourires inquiets de son épouse (Léa Drucker, effrayante de justesse).
Et de ce roman rapide et court (comme beaucoup de ceux de Simenon), Mathieu Amalric fait remonter toute la sève durassienne d’un fait divers de tous les jours : les hommes et les femmes qui s’aiment ont tellement de mal à se le faire comprendre, ne serait-ce qu’à eux-mêmes. La vie est comme un grand malaise, un vaste malentendu auquel on ne pige pas grand-chose. La justice comme une longue séance de psychanalyse, où le transfert se fait avec le juge. Ce sont les mots qu’on pose dessus qui aident à la cerner, cette vie, à cristalliser nos passions."
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Première
" On dit souvent d’un film qu’il se fait en réaction contre le précédent. En effet, on ne peut pas imaginer plus opposés que cette adaptation froide et méthodique de Simenon et le rabelaisien Tournée, qui avait enflammé la Croisette en 2010. Tourné en plans fixes très composés (l’introduction est sur ce point exemplaire), découpé narrativement comme un puzzle, rythmé par une voix off monocorde, La Chambre bleue – lointain parent de Garde à vue – est un exercice de style d’où l’émotion et la chair sont curieusement absentes.
Un plan fugitif de sexe féminin ouvert, plus théorique (tentation/perdition) que sensuel (pénétration/voyeurisme), résume la démarche clinique et plastique d’Amalric, en plein trip bressonien. Les personnages sont à l’image de ce drame bourgeois qu’un entrefilet dans la presse locale pourrait résumer : des archétypes (la femme fatale, l’homme mystifié, l’épouse passive) auxquels les acteurs prêtent simplement leur enveloppe. L’acteur-réalisateur a un air hébété pendant tout le film, Stéphanie Cléau, l’amante, est souvent filmée partiellement, Léa Drucker n’a pas beaucoup de dialogues… Avec ce film dévitalisé, un peu crypté, qui a quelque chose de fascinant, presque de lynchien, Amalric prend le risque de désorienter à la fois le public de Tournée et les amateurs de Simenon, écrivain dont les récits sont on ne peut plus incarnés."










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