Films

Mange ta soupe

Réalisation

de Mathieu Amalric - France - 1997 - 1h15min

Acteurs

avec Jean-Yves Dubois, Adriana Asti, Jeanne Balibar, László Szabó, Clotilde Mollet, René Ehni, Jean-Claude Biette , Malka Ribowska, Sava Lolov, Claire Duhamel

Pitch

Un homme, en transit à Paris pour son travail, arrive chez sa mère, critique littéraire qui vit seule dans une immense maison mangée par les livres. Piles chancelantes, journaux envahissants qui ont peu à peu grignoté tous les lieux de vie. Le père a refait sa vie ailleurs : la petite sœur, jeune mère célibataire, a fui de son côté. Le nouveau poste du fils se fait attendre et le voilà coincé là une semaine de trop. Rien de grave mais bon...

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Acteurs :

  • : Le fils
  • : La mère
  • : La fille
  • : Le père

Equipe du film :

  • : Mathieu Amalric
  • : Pascale Ferran
  • : Mathieu Amalric
  • : Jeanne Balibar
  • : Matthieu Poirot-Delpech
  • : Frédéric de Ravignan
  • : Nicolas Favre
  • : Juliette Chanaud
  • : Ambroise Chéneau
  • : Juliette Chéneau
  • : Laurence Briaud
  • : François Gédigier
  • : La Sept Arte
  • : Why Not Courts-Métrages
  • : Why Not Productions
  • : Patricia Baron-Napp
  • : Why Not Productions
  • : Pascal Caucheteux
  • : Jérôme Clément
  • : Why Not Productions

Date de sortie :

  • inédit

Informations techniques :

  • Couleur
  • Long metrage
  • Français

Bandes annonces et photos

Bonus

Ils en parlent

  • Les Inrockuptibles

    " ... s'il ne cherche pas à cacher une seule seconde le caractère outrageusement personnel de son film, Amalric ne s'en contente pas, loin s'en faut.
    A partir de ce matériau intime, il ordonne un récit qui ne cesse d'intriguer, jamais donné, jamais tout cuit, mais toujours très amusant à saisir. Et il fait preuve d'une belle habileté pour faire passer au moment juste l'information nécessaire, sans ostentation aucune, presque en sous-main. Une bonne partie du charme du film réside dans ce refus constant de l'exposition des faits ou des personnages.
    Ce que retrouve le héros, dans un mélange déjà ancien d'attendrissement et d'exaspération, c'est un territoire connu par coeur, un ensemble de situations qui peuvent encore connaître une petite évolution mais plus de changements radicaux. Il faut faire avec et limiter les dégâts, parvenir à conserver quelques équilibres fondamentaux, et éviter ainsi que les choses ne s'aggravent, mais sans avoir le moindre espoir de les réformer. De nouveau plongé dans les affres de la vie de famille, le fils adopte la position du jongleur : il va essayer de ne pas casser trop d'assiettes. Et c'est là que débute la comédie.
    Dans cette maison peu à peu mangée par une accumulation démente de livres, il s'agit de pouvoir respirer, d'ouvrir la fenêtre tout en évitant le courant d'air qui attirerait les soupçons. Scènes tordantes où le fils indigne tente de désengorger l'espace en évacuant clandestinement quelques piles d'ouvrages. Mais personne n'en veut et le robinet des livraisons continue de couler.

    (...) avec une modestie apparente sans cesse contredite par l'inventivité des postures et le goût de la digression essentielle, Mange ta soupe travaille l'idée très moderne d'encombrement. Encombrement de livres sous lesquels la mère manque de périr, mais aussi encombrement de ce qui nous a été légué par nos parents, à la fois richesses infinies et obstacles infranchissables. Par exemple, c'est grâce à sa parfaite maîtrise du turc, langue que son originale de mère lui a fait apprendre, que le fils trouve du travail. Seulement voilà, ces jobs sont absurdes. Et ramènent droit à la case départ. Mais Amalric, lui, a réussi à s'échapper. Son film en est la preuve. C'est ce qui le rend si drôle et si émouvant. Le coup a dû passer près."

    Frédéric Bonnaud, Les Inrockuptibles
  • Télérama

    Télérama

    "... Amalric décrit une situation de malaise en jouant la carte d'un burlesque légèrement grinçant. Il cultive le déséquilibre, multiplie les contretemps et prend souvent le spectateur à rebrousse-poil. D'abord cocasse, le précis minimaliste devient vite obsessionnel, et nous poursuit longtemps, comme le thème entêtant d'une fugue. Dans cette chorégraphie d'intérieur, la maison est un vrai personnage. D'abord accueillant, cet antre au désordre insurmontable s'avère vite asphyxiant. Disposés en piles instables, accumulés dans toutes les pièces, les livres ne cessent de proliférer en bouffant tout l'espace. Métaphore du pouvoir dévorant de la mère, ils finissent par créer un univers insidieusement angoissant. "

    Jacques Morice, Télérama
  • Libération

    «Quand on fait un premier film, on ne sait pas qui on est»: Mathieu

    Amalric est peut-être tout entier résumé dans cet aveu lunaire et désolé, cette découverte un peu abrupte, cette sincérité qui lui font regarder Mange ta soupe, son premier (bref) long métrage, comme un canard curieux, un film de famille très osé et indécidable.

    L'aime-t-il ? Évidemment oui, mais Amalric donne le sentiment de ne pas le savoir encore. Il y a de bonnes raisons à cela : Mange ta soupe est typiquement le genre de film qu'un jeune metteur en scène réalise pour expurger un malaise, vidanger les angoisses de l'enfance et libérer l'adulte qui trépigne en lui. Mais c'est aussi le genre de film qui peut devenir un vrai boulet et le moteur d'un effroi rétrospectif. Il y a très certainement chez Mathieu Amalric une culpabilité à l'oeuvre, qui tourne autour de questions insolvables parce que trop tard venues: fallait-il raconter tout cela, n'était-ce pas aller trop loin ?

    L'affaire Mange ta soupe se corse par ailleurs d'un problème très particulier qu'il vaut mieux mettre tout de suite sur la table : Mathieu Amalric, tout impétrant qu'il soit, n'est pas un jeune homme anonyme. Sa biographie l'a fait naître chez deux grandes plumes du journalisme parisien, une critique littéraire fameuse et un éditorialiste de renom (...) ces détails paraîtront peut-être superflus, indiscrets voire suspects à certains. A tort : ils sont là au contraire pour nous mettre à l'aise et surtout nous accorder au ton d'un film dont l'une des grandes réussites est précisément le bel exercice de haute sincérité dont il relève (...) Dans l'intimité de sa famille désunie, dans le silence et l'obscurité d'une maison biscornue que les livres ont envahie, dans la glace inquiétante d'un Paris entraperçu, dans le théâtre relationnel, égoïste et généreux, réconfortant et cruel, où la mère, le père, le fils et la soeur tentent d'inventer (et de jouer) de nouveaux rapports, dans ce champ de conscience familial durablement effondré par la mort d'un frère, Amalric parvient à répandre le parfum doux-amer véritable de l'enfance et de sa fin.

    Pour une large part, Mange ta soupe pourrait se rapporter à son apprentissage banal et grandiose, celui d'un jeune homme face à l'inéluctable constat: papa et maman vivent leur histoire en pensant d'abord à leurs intérêts (moraux, affectifs, sanitaires) respectifs avant de penser aux enfants qui, d'ailleurs, sont maintenant "bien assez grands". Mais, avant d'en arriver là, il lui aura fallu épuiser toutes les diversions que son inconscient en roue libre ne manque pas d'imaginer.

    Dans un décor clos qui pourrait être celui d'une sitcom, cette propension à l'acte manqué, à la gaffe psychologique, ne tarde pas à produire son lot d'effets burlesques. La phobie que le héros conçoit pour les livres dont sa mère est bombardée est particulièrement bien dépiautée par Amalric, jusqu'au très inquiétant paroxysme: hydre increvable, entité quasi organique, dévorante, rebelle et comique, l'océan de livres impose son absurde engloutissement et accule le fils au geste profane par excellence, la destruction «fasciste» des livres de sa mère.

    Il faut sans doute croiser aux limites dangereuses de la fatigue mentale pour en arriver à concevoir les livres comme l'incarnation du Mal et c'est là tout le problème de ce héros innommé qui, luttant contre la folie de sa mère (exceptionnelle Adriana Asti), en infuse peu à peu les germes. Sa guerre anti-livres est vouée à l'échec et c'est certainement mieux ainsi. Si, dans cette maison magique et maléfique, les livres donnent finalement le sentiment d'avoir gagné la partie, il n'est pas sûr que le jeune homme y ait perdu quoi que ce soit. Quant à sa mère, qui connaîtra un ensevelissement momentané sous les piles, elle devra à son tour s'arranger avec l'un des effets de sa ravageuse passion: l'enfantement d'un fils sarcastique et fragile, drôle et macabre, moqueur et aimant.

    Mathieu Amalric, donc, avant d'être le fils de, est un artiste, un metteur en scène et, comme on le sait, un remarquable comédien. Cette dernière qualité rend d'autant plus forte son absence des images de Mange ta soupe dans lequel il a eu l'excellente idée de ne pas jouer. Il a préféré se faire représenter à l'écran par un acteur qu'il admire et auquel, a priori, il ne ressemblait pas. Mais, par l'effet d'une chimie propre au bon cinéma, il se produit un mimétisme indéfinissable (gémellité mentale ? empathie ? amitié ? sorcellerie ?), une fusion physiologique et spirituelle. C'est là la part la plus troublante du film (...)

    Filmé profil bas, ou plutôt profil simple, Mange ta soupe cache ainsi sous sa nonchalance des petits trésors de pudeur (beaucoup de non-dits et d'inventions, malgré les apparences) et des grands secrets de fabrication (l'épaisseur théâtrale des décors et des lumières) qui permettent aussi l'intense vérité des situations."

    Olivier Séguret, Libération

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