Riff Raff
Réalisation
Acteurs
avec Robert Carlyle, Ricky Tomlinson, George Moss, Jimmy Coleman, Willie Ross, Garrie J. Lammin, Emer McCourt, David Finch, Dean Perry, Richard BelgravePitch
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Acteurs :
- : Steve
- : Larry
- : Mo
- : Shem
- : Gus
- : Mick
- : Susan
- : Kevin
- : Wilf
- : Kojo
Equipe du film :
- : Wendy Knowles
- : Barry Ackroyd
- : Ken Loach
- : Stewart Copeland
- : Bill Jesse
- : Jonathan Morris
- : Martin Johnson
- : Dick Philip
- : Diaphana
- : Parallax Pictures
- : Channel Four Films
Date de sortie :
- inédit
Informations techniques :
- Couleur
- Long metrage
- Anglais
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Thèmes
Ils en parlent
-
Cahiers du Cinéma
" Ce qui fait plaisir avec Ken Loach, c’est de pouvoir identifier tout de suite les raisons que l’on a d’aimer son cinéma. C’est de savoir qu’il est du côté des petits, des exclus, et de façon générale avec ceux qui peinent—dans Riff-Raff les ouvriers du bâtiment (...) installer son film sur un chantier à la manière de Loach, c’est le moyen d’un état des lieux, sur le plan économique (s’il est vrai que « quand le bâtiment va, tout va ») et pour ce qui regarde la vie des individus, la réalisation de leurs rêves, rien que leur droit au travail et à un « home ».
Les ouvriers de Riff-Raff sont dans le bâtiment comme dans un navire, métaphore suggérée par la vision des rats au début et à la fin du film: s’ils signifient, s’ils représentent quelque chose, c’est assurément la catastrophe, le navire qui va à vau-l’eau, ou qui sombre. Quand les rats apparaissent, qu’ils remontent d’en bas, quand on a vue ainsi sur les égouts (sans parler des WC bouchés du chantier, des veines ouvertes des junkies dans le récit de Stevie), c’est que l’on change de degré dans le mal et qu’il est devenu épidémique. Quand on est clandestin sur son propre bâtiment—les ouvriers travaillent sous des noms d’emprunt, quand un pays ne sait plus loger, ni protéger ceux qui viennent travailler, quand il laisse les employeurs les enfermer ou les tuer, c’est alors qu’on voit les rats. Dans Riff-Raff, seul l’appartement témoin sera achevé.
Cinéma de gauche donc, et pas seulement parce que les responsables ici et là sont pointés vers la droite dure (Thatcher encore à l’époque). Mais plus sûrement parce que la mise en scène des problèmes sociaux ne se sépare pas de la définition de valeurs politiques, celles qui régissent la vie dans « la cité »: n’y aurait-il que la manière dont au début Loach fait apparaître le personnage de Stevie parmi les autres ouvriers du chantier sur lequel il sera embauché, cela suffirait à qualifier la morale d’un film dont le style documentaire est position de solidarité, qui choisit l’idée de communauté plutôt que de collectif, celle de résistance plus que de marginalité. Position idéologique sur la corde raide, où Loach se révèle impeccable, développant son personnage principal à la marge (il sort de prison, il a quitté son pays —celui de Galles— pour Londres), tout en le construisant selon la recherche obstinée et fragile d’un ordre (par le travail, par l’amour dans le couple). I,es personnages de Loach n’en sont pas à se demander comment prendre le pouvoir, ils ont bien assez d’essayer de vivre et de trouver leur place, et cela suffit aussi, mieux que des idées débattues, à faire de Riff-Raff dont le titre adopte le point de vue de l’ordre (le mot de «Riff-Raff» désigne, pour les bourgeois, celui qui ne travaille pas, la canaille), un film de combat (...)
La justesse du film de Loach s’éprouve en dernier lieu dans une distance qui lui permet, en même temps que cette description rapprochée des faits, le pas de côté de la dérision. Riff-Raff est avant tout une comédie, animée comme ses personnages de ce que le cinéaste appelle un « humour de survie »..."























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