Phillipe Simon (Cinergie) - La loi du père, la loi du fric : "La promesse" de Luc et Jean-Pierre Dardenne
Introducton
Avec La Promesse, les frères Dardenne ont pris le risque d'un cinéma aux prises avec une réalité aux dérèglements explosifs. Et leur film est passionnant. Sans concession aux modes socialistes et autres engagements toutes boîtes, leur récit nous plonge dans l'univers glauque des magouilleurs du noir, ces trafiquants de chair à labeur, nous montrant que leur morale du profit est bien de notre monde.
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Abandonnant très vite le cadre étroit du constat pour sa mise en cause pratique, ils filment le processus d'une rupture sociale en mettant en scène, chez Igor, l'apparition du refus de l'ordre " naturel " des choses et ses conséquences libératrices.
Et c'est l'une des premières qualités de La Promesse: s'attaquer au gluant " c'est comme ça " de la normalité. Pour La Promesse, il n'est pas normal que nos vies aient un prix, s'échangent contre de l'argent, clandestinement ou au grand jour, que le profit dicte sa loi, justifiant jusqu'à l'inacceptable. Pas normal qu'un père soit propriétaire de son gosse, joue des pleins pouvoirs jusqu'à le battre et que chacun y voie comme une preuve d'amour mal torchée. Pas normal que la règle du chacun pour soi justifie que l'autre crève ou devienne pareil à soi, un hybride d'exploiteur-exploité, prototype schizophrénique de l'homme de la rue, dont le père d'Igor n'est jamais qu'un exemple parmi d'autres. Pas normal enfin que cet isolement crépusculaire et glacé, où la glauque majorité se calfeutre comme elle peut, garantisse encore son amour du confort jusqu'à la cécité totale. Face à la banalisation de la misère, les frères Dardenne font du refus le premier pas d'une alternative dont Igor va découvrir et expérimenter le possible immédiat.
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joffreym au sujet de : Salaam Isfahan
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