Matthieu Reynaert (Cinergie) - Lucas Belvaux braque le cinéma belge : "La raison du plus faible" de Lucas Belvaux
Introducton
Devenu un réalisateur incontournable avec sa trilogie Un Couple épatant/Cavale/Après la vie, Lucas Belvaux, qui a débuté comme acteur, notamment chez Chabrol, n’avait encore jamais filmé son pays natal. Son retour en Belgique lui a ouvert les portes du Festival de Cannes qui, s’il ne lui a pas décerné de prix, lui offre une rampe de lancement en or sur laquelle parient les distributeurs français du film, qui le sortent en ce début d’été.
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Mercredi 24 mai, vingt-deux heures, grand théâtre Lumière, au cœur du célèbre Palais des Festivals. Le réalisateur-auteur-interprète Lucas Belvaux achève de gravir les marches et pénètre dans la salle comble, suivi, entre autres, par ses comédiens, les belges Natacha Régnier, Claude Semal et Patrick Descamps, et les français Eric Cavaca et Gilbert Melki. Une heure cinquante plus tard, la même salle est debout. Ovation pendant tout le générique et longtemps après. L'émotion est palpable, Belvaux semble sonné. Ce soir-là, les Belges de Cannes se prennent à rêver d’une nouvelle présence au palmarès pour la patrie des frères Dardenne et de Jaco Van Dormael.
Las, le jury fera la fine bouche, mais le passage d’un film à Cannes, surtout aussi bien accueilli, reste toujours une belle aventure. Un mois plus tard, c’est au public français de découvrir La Raison du plus faible, la Belgique devant attendre la rentrée. Ce qu’ils pourront découvrir, s’étalant sur grand écran avec le panache du cinémascope, ce sont des paysages romanesques et insoupçonnés. Ceux des quartiers « durs » de Liège, la cité de Droixhe et ses tours. Car, autant les Dardenne ont su nous faire sentir la rugosité, la grisaille, l’écrasement des cités ouvrières, autant Belvaux les transforme, les sublime en paysages de western, en théâtre baroque, jusqu’au final aérien à couper le souffle. Grâce aux cadres soignés du réalisateur, même l’usine Jupiler devient une vision dantesque.
Cependant, le constat qu’il dresse n’en est pas moins alarmant. Comme l’explique Belvaux lui-même lors de la conférence de presse, c’est là l’artifice de base du film noir, catégorie dans laquelle se range aisément cet opus. « C'est un peu un cinéma de contrebande : on fait semblant de tourner un film policier, mais derrière cet aspect, on raconte des choses sur le monde dans lequel on vit. » Le film nous offre tout cela : la tension et le suspens d’un casse et de sa préparation, des personnages sur le fil du rasoir, du trafic d’armes dans des parkings isolés, mais aussi la détresse d’une mère qui ne peut même pas s’acheter une mobylette pour se rendre au travail, le temps tué dans les bistrots, l’indignation inutile d’un handicapé moteur forcé de vivre au sommet d’une tour dont l’ascenseur tombe sans cesse en panne…























joffreym au sujet de : Salaam Isfahan
Un dispositif inventif qui nous fait découvrir Isaphan par ses habitants.