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Matthieu Reynaert (Cinergie) - Entretien avec les frères Dardenne pour "L'enfant"

Introducton

C’est dans le cadre cossu d’une chambre de l’hôtel Métropole, aux antipodes de l’univers de leurs films, que Cinergie a rencontré les Frères Dardenne, entrés récemment dans le club très fermé des doubles palmés d’Or  , grâce à leur dernier film coup de poing, l’Enfant. Présenté en mai dernier au festival de Cannes, il sort ce mois-ci sur nos écrans. Souriants, ils sont toujours d’accord l’un avec l’autre (enfin presque !), ils répondent chacun à une question sur deux et nous parlent du succès, du microcosme du cinéma, de Jésus et de l’importance du casting, avec une assurance qui ne laisse pas de doute quand à la réflexion dont est issue leur oeuvre.

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Cinergie : Luc, dans le livre que vous avez signé (Au dos de nos images  Seuil), et qui accompagne en quelque sorte la sortie du film, vous écrivez qu’en tournant le Fils  vous portiez le poids du succès de Rosetta  sur le dos. Etait-ce encore le cas sur le tournage de l’Enfant ou la reconnaissance du Fils vous en avait-elle affranchi ? Et, surtout, maintenant que vous préparez sans doute un nouveau film, portez vous le poids de l’Enfant sur le dos ?

Luc Dardenne : (rires) Un enfant c’est lourd à porter tout un été, chantait Léo Ferré ! C’est sûr que le fait d’avoir eu ce prix à Cannes joue un rôle, la première fois et encore cette fois-ci. Mais, bon, je crois qu’être tendu est notre manière de vivre. On est parfois un peu trop tendus. Le tout, c’est d’essayer de rester libre de ses mouvements. Je crois que le fait de parler, comme on le fait avec vous, du film, et on en parlera jusqu’à fin novembre à toute la presse, nous permet d’évacuer le film, le prix, tout, et on sera prêt pour recommencer. Truffaut disait toujours : Il est plus facile pour un cinéaste de gérer un échec qu’un succès. C’est vrai. Je crois que le succès peut à la fois vous ramollir, vous faire tomber dans un certain conformisme en se disant tout va bien  , et en même temps vous paralyser, je veux encore faire quelque chose mais est-ce que ce sera aussi bien ?  Ce sont des faux problèmes et il faut essayer d’évacuer tout ça. J’espère que ça ira !

Cinergie : Paradoxalement, c’est donc peut-être tout le ramdam suscité par le succès d’un film qui vous permet de vous en dégager?

Luc Dardenne : C’est ce qu’on se dit. Hein ? Jean-Pierre Dardenne : Oui, pour s’encourager !

Cinergie : Justement, grâce à ces deux Palmes d’Or, vous êtes en quelque sorte devenus les hérauts du cinéma belge, ce qui est flatteur pour ses pouvoirs publics, mais, même après Rosetta , vous êtes toujours obligés, pour financer vos films, de co-produire avec la France. N’est-ce pas paradoxal ?

Retrouvez cet article sur le site de www.cinergie.be

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  • joffreym au sujet de : Salaam Isfahan

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    Un dispositif inventif qui nous fait découvrir Isaphan par ses habitants.