Interview d'Arta Dobroshi
Introducton
Quelques heures avant la remise des prix du 11ème festival Cinéma Méditerranéen de Bruxelles, dont elle était l'une des membres du jury, l'interprète du Silence de Lorna nous a accordé une interview sur sa vision du métier et sa collaboration avec les frères Dardenne.
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Comment s’est passé cette semaine au festival ?
Très bien. Le festival est super. On a vu dix films et c’était vraiment très intéressant de discuter avec les autres membres du jury, étant donné qu’on était tous plus ou moins d’accord sur le film qu’on a choisi pour le grand prix .Donc, tout s’est vraiment très bien passé.
Vous sentez-vous une responsabilité en tant que membre du jury ?
Oui, c’est une grande responsabilité car le prix à une valeur de 5000 euros et le film va être distribué en Belgique, donc c’est une grande opportunité pour le film. En tant que « juge », il faut rester très ouvert, sans a priori, afin de choisir le meilleur film. C’est une grande responsabilité car cela va peut-être changer la vie de quelqu’un.
Quel est votre rapport avec la Belgique depuis que vous avez joué dans le film des frères Dardenne, Le silence de Lorna ?
J’aime beaucoup la Belgique. J’y suis resté six mois pour le film. Et je suis resté en contact avec les frères Dardenne depuis. J’ai donc un très bon rapport avec ce pays.
Comment s’est passé ce tournage avec les frères Dardenne ?
C’était magnifique ! Après six mois, j’avais l’impression d’avoir fait une seconde école. C’est vraiment un apprentissage, en matière de jeu, de cinéma. C’est un vrai cadeau qu’ils m’ont fait. En plus, cela m’a permis d’apprendre le français. C’est formidable de faire un film et de savoir parler une langue supplémentaire à la fin du tournage.
Aimeriez-vous retravailler avec eux ?
Bien sûr. Ils sont vraiment géniaux. Leur direction d’acteurs est très intéressante. On a eu un mois et demi de répétitions pour trois mois de tournage. Et tout était tourné dans l’ordre chronologique. Cette manière de faire est vraiment la meilleure qui soit pour les comédiens.
Vous avez tourné dans le prochain film de Julie Gavras, Late Bloomers, aux côtés de William Hurt et Isabella Rosselini. Pouvez-vous nous parler de ce tournage ?
Oui. On a tourné à Londres. C’est une très belle expérience de tourner avec Julie Gavras, car elle arrive à instaurer un climat très détendu, sans aucun stress. Et jouer avec William Hurt était un honneur. J’avais toutes mes scènes avec lui et c’est vraiment le partenaire idéal. Il est toujours à l’écoute des autres. On a fini le tournage il y a trois mois et la sortie est pour 2011.
Que raconte ce film ?
William Hurt joue le rôle d’un architecte, Isabella Rosselini est sa femme, et moi, je suis une jeune architecte qui travaille avec lui. Ça parle de la difficulté d’accepter le vieillissement, le temps qui s’écoule…. Mais je ne peux pas vous en dire plus, désolée.
Vous avez fait beaucoup de théâtre. Quelle différence faites-vous entre le jeu au théâtre et au cinéma ?
Pour moi, il n’y a pas de différence. Je sais que tous les comédiens ne partagent pas mon avis, mais pour moi, quand on joue, on joue toujours de la même façon. Par contre, il y a une grande différence dans la façon de travailler. En général, quand on tourne, il y a très peu de répétitions. Et puis, au théâtre on peut parfois jouer la même chose pendant des mois, voire des années, tandis qu’au cinéma, tout va très vite, un rôle fait très vite partie du passé. Au théâtre, on travaille également beaucoup plus avec les autres, tandis qu’au cinéma, toute la construction du personnage se fait dans l’intimité, et la confrontation avec les partenaires est beaucoup plus brève. Mais pour moi, les deux sont très importants. Je ne pourrais pas choisir entre le théâtre et le cinéma.
Qu’est-ce qui retient votre attention dans un film, en tant que spectatrice ?
Ce qui importe pour moi, c’est l’originalité. Si je ressens quelque chose, c’est que le film a quelque chose. Quand on commence à se poser des questions, à se dire que telle ou telle chose est bien ou pas bien, c’est que l’on n'est plus dans le film. Il ne faut pas qu'on ait le temps de ce poser ce genre de questions. Et c’est pour ça que, dans un film, il faut que tout soit bien, jusque dans le moindre détail. C’est un ensemble qui fait que l’on croit ou pas à ce que l’on voit. Parfois, on ne peut même pas expliquer pourquoi on aime un film….
Est-ce que ces questions interviennent dans vos choix ? Est-ce que vous vous demandez si tel scénario va intéresser les gens, et s’ils vont y croire ou non ?
Oui, il faut qu’un scénario me touche, et que les dialogues soient bien écrits. Le scénario doit être très concret, pour moi. La première prise de contact avec un projet est souvent un scénario, donc c’est très important. Mais après, il y a plein d’autres choses qui entrent en jeu : qui réalise, qui sont les autres acteurs, etc.
Quels sont vos projets ?
Je vais jouer dans un court métrage à Pristina, que je vais moi-même produire. On tourne en décembre avec un réalisateur anglais, Daniel Malloy. Et j’ai aussi un autre projet, dont je ne peut malheureusement pas encore parler.
Propos recueillis par Thibaut Grégoire pour UniversCiné























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