articles

Grégory Cavinato (Cinergie) - Grosse fatigue : "JCVD" de Mabrouk El Mechri

Introducton

« Si tu enlèves l’air, les oiseaux tombent… » Pour ceux qui connaissent mal Jean-Claude Van Varenberg, alias Jean-Claude Van Damme, alias «The Muscles from Brussels», le personnage se résume malheureusement encore trop souvent à ce genre d’adages frappés au coin du bon sens déclamés par un gentil idiot, acteur has been de films d’action simplistes sortant aujourd’hui non plus sur nos grands écrans mais dans les bacs des DVDs. Un adepte des anglicismes les plus improbables, des apparitions télévisées les plus édifiantes et d’une attitude extraterrestre qui prête à rire ! Bref Jean-Claude est devenu pour un public qui se refuse à voir au-delà des apparences, un irrécupérable guignol, la blague belge à la mode.

articles

Le projet JCVD dont le titre à l’international, Van Dammage est quand même beaucoup plus parlant, arrive donc à point nommé pour remettre les pendules à l’heure, pour faire le point sur un personnage finalement méconnu. Initiée par le réalisateur Mabrouk El Mechri (Virgil), secondée par les scénaristes Christophe Turpin (Jean-Philippe) et Frédéric Bénudis (réalisateur en 2003 d’un documentaire intitulé Dans la Peau de Jean-Claude Van Damme), cette fiction inspirée de la réalité, tournée presque intégralement dans les rues de Schaarbeek va, un peu à l’instar de Bertrand Blier dans son chef-d’œuvre oublié Les Acteurs, démolir le personnage réel pour le reconstruire en un héros récalcitrant d’un film faussement autobiographique à l’humour aigre-doux réjouissant.

On appelle ça un retour de bâton ! Lessivé, has been, proche de la banqueroute, poursuivi par le FISC, renié par son public, considéré comme un gugusse par le reste du monde, victime du système et des médias, en procès pour la garde de sa fille, à cours d’argent et de ressources, Van Damme en est réduit à accepter le premier film d’action minable tourné au rabais en Bulgarie, loin de sa gloire d’antan et des ponts d’or offerts par Hollywood. Avant de se rendre sur le plateau de No Limited Injury 2, qui finalement lui échappera au profit de son rival Steven Seagal, Jean-Claude est de passage à Bruxelles. Dans l’attente d’un important mandat bancaire, il se rend à la poste de Schaarbeek… où il va, bien malgré lui, se retrouver au milieu d'un braquage des plus violents. Les médias qui s’en mêlent vont faire les choux gras de l’évènement et désigner l’acteur dépressif comme l’instigateur du méfait. Van Damme, l’acteur fini a-t-il finalement pété les plombs ? En est-il réduit à braquer une banque ? L’inspecteur Christian Bruges (l’hilarant – et pour une fois assez sobre - François Damiens) est donc chargé de négocier avec les malfrats, dont le leader (Zinedine Soualem) est le portrait craché, en plus violent du John Cazale de Dog Day Afternoon, un des modèles à qui le réalisateur rend hommage. Bruges aura également fort à faire pour calmer les parents de l’acteur, incarnés avec conviction et humour par… les parents de l’acteur qui jouent le jeu avec beaucoup de courage !

Retrouvez cet article sur le site de www.cinergie.be

Inscrivez-vous à la newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter

A la une

Restez connectés sur UniversCine Belgium

Top

Top des ventes

Communauté

Faites votre cinéma

  • joffreym au sujet de : Salaam Isfahan

      0/10

    Un dispositif inventif qui nous fait découvrir Isaphan par ses habitants.